Note de lecture : La libération animale

Source : MC/Alletta Vaandering

L’argument éthique en faveur de la libération animale

La libération animale, écrit par Peter Singer en 1975, est un ouvrage incontournable pour quiconque s’intéresse à la cause animale. Dans cet ouvrage, Singer élabore le principe d’antispécisme, qui revendique l’égalité de considération pour tous les êtres vivants, humains et non-humains, en argumentant que la capacité à souffrir est suffisante pour justifier le respect des intérêts des animaux.

Pour Peter Singer, notre devoir éthique doit s’appliquer à toutes les espèces : avoir des intérêts est équivalent à être capable de souffrir. Le principe fondamental d’égalité exige uniquement l’égalité de considération, et l’on doit ainsi traiter chaque individu différemment pour répondre à la considération qu’on lui porte : il n’est donc pas nécessaire de donner des droits aux animaux pour parler de leur libération.

« Que chacun compte pour un et qu’aucun ne compte pour plus d’un »

Jeremy Bentham, fondateur de l’école utilitariste

L’inutilité de l’expérimentation animale

Le second chapitre décrit l’usage des animaux comme outil d’expérimentation.

Au profil de la recherche en psychologie, les animaux sont entraînés à effectuer une tâche par le biais de chocs électriques puis soumis à la condition psychologique étudiée. On observe alors leur capacité à reproduire la tâche apprise. De nombreux exemples concrets sont présentés, notamment sur les espèces de grands primates : une expérience sur des bébés chimpanzés avait pour vocation d’étudier l’impact de la privation maternelle. Si la mère est remplacée par une fausse en tissu irritant, le bébé s’accroche à la fausse mère quoi qu’il arrive. Les bébés grandissent alors avec des traumatismes divers.

Concernant les tests de produits destinés au commerce, les deux pratiques les plus courantes sont sources d’intenses souffrances. La première consiste à déterminer la DL50 (dose létale 50) c’est-à-dire la quantité de produit ingérée qui tue 50% de la population étudiée. Pour trouver ce résultat, on force les animaux à ingérer le produit testé sur une période de plusieurs mois. Lorsque 50% de la population a été tuée, on note la quantité de produit totale ingérée. La seconde pratique est le test dit de Draize : la substance testée est versée dans les yeux de lapins maintenus afin de les empêcher de se gratter. Le test est répété pendant une longue période, et l’usage d’un anesthésiant n’est pas obligatoire. Après les tests, l’état des yeux est comparé aux photos d’études référence de produits irritants et témoins.

L’utilisation massive d’animaux dans ces cadres de recherches, a développé un commerce d’animaux-outils vendus pour leurs caractéristiques (par exemple des chiens sans poils pour tester des produits dermatologique), ainsi que le développement des machines d’expérimentations qui sont des outils de tortures à peine dissimulés par leurs désignations. Ces expériences obtiennent régulièrement des financements publics, payés par nos impôts.

Peter Singer dénonce ces expériences : certaines ont eu lieu alors que le résultat était déjà connu avec certitude, d’autres se contredisent, de plus, les résultats ne sont que rarement transposables à l’homme.

Des alternatives existent pourtant déjà : Jane Goodall a par exemple observé le comportement de chimpanzés orphelins dans leur milieu naturel et a permis de comprendre l’état de dépression chez cette espèce. Son travail a ouvert la voie à de nouvelles méthodes de recherche exemptes de souffrances.

Ainsi, en psychologie, les cohortes d’observations de cas réels permettent d’avoir des résultats sans avoir les difficultés de transposition des résultats à l’homme. De même, les tests de produits sur animaux ne sont pas aussi fiables que leurs alternatives sur synthétique, par culture de cellules et tissus, et par simulation numérique.

Les pratiques méconnues de l’élevage intensif

Le troisième chapitre décrit les pratiques immorales de l’élevage intensif. Ce sujet est souvent maîtrisé des militants, certains faits sont cependant moins connus et frappants :

En moyenne, 15% des poules meurent en un an d’exploitation. Ce nombre dépend du nombre de poules par cages : pour 3 poules par cage, 9,6% meurent chaque année, pour 4 on en compte 16,4% et pour 5 le nombre s’élève à 23%. 5 poules par cage donne ainsi le meilleur profit, et c’est donc la répartition la plus souvent retenue par les industriels malgré l’interdiction législative. Lorsque les poules pondent moins, une “mue forcée” est obtenue par privation d’eau, de nourriture et de lumière. Cette mue permet de rétablir une meilleure productivité d’œufs pour les poules qui survivent.

Dans les élevages laitiers, le veau est anémié pour avoir une viande pâle. Il est enfermé dans des box en bois afin qu’il ne lèche pas le fer des enclos, et maintenu au sol afin qu’il ne boive pas son urine source de fer.

D’autres exemples concrets sont présentés, sans être exhaustifs, et concernent les premières victimes de l’élevage : les vaches, les poules et les cochons.

Les espèces d’animaux génétiquement modifiés peuvent être brevetés et vendus à l’industrie de la même façon que les animaux outils de l’expérimentation animale.

En réponse à ses pratiques, Peter Singer propose d’accorder aux animaux d’élevage le respect de 5 libertés fondamentales de mouvement : se tourner, faire sa toilette, se lever, se coucher et étirer librement ses membres.

À l’initiative individuelle, devenir végétalien est un boycott économique qui aide directement la condition des animaux et renforce l’argument de la non-nécessité d’une alimentation carnée.